mardi 13 août 2013

Chine, le grand mensonge

Chine, le grand mensonge", XXI, n°17, hiver 2012, p.94 à 107 par Philipe Grangereau 

Article sur la famine qui emporta des dizaines de millions de Chinois suite à l'échec du "Grand bon en avant" dans les années 50. On peut retenir de cet article (entre autres) : 

  • Dissimulée en son temps, la "Grande famine" reste encore sous le coup d'une omerta de la part des autorités chinoises qui font tout pour que personne ne lève le voile sur cet échec meurtrier et sans appel du communisme chinois.
  • Celle-ci eut lieu entre 1958 et 1962, conduisant entre 36 et 55 millions de Chinois à la mort dans des conditions épouvantables, décimant des villages et des régions entières, dévastant l'agriculture, et brisant d'innombrables vies. 
  • Les témoignages des survivants évoquent tous plus ou moins la même chose : l'incompétence et la brutalité des autorités (surtout dans les échelons supérieurs), la mort qui fauchait sans distinction d'âge ni de sexe des familles entières, la puanteur des piles de corps que plus personne n'avait la force d'enterrer ; et par dessus tout, la faim. Si cette page de l'histoire de la Chine reste quasiment impossible à aborder, le tabou principal la concernant reste celui du cannibalisme, dont des archives du Parti témoignent. 


Réflexion

Deux faits peuvent, devraient même, révolter tout être humain au courant de cette terrible tragédie.
Le premier est que cette famine était évitable. En effet, en 1959, il y avait en réserve 6 545 000 tonnes de céréales. Cependant, à l'inverse de l'habitude des empereurs, le Parti communiste chinois (PCC) a refusé de secourir la population, préférant en envoyer en URSS dans l'espoir d'impressionner Staline et en donner gratuitement à d'autres régimes communistes. En outre, le brillant économiste Amarty Sen défend depuis longtemps que les famines sont souvent orchestrées et qu'elles ne se produisent pas dans des régimes démocratiques. Cet épisode lui donne parfaitement raison, en témoigne la phrase de Mao : "Quand il y a la famine, tout le monde peut mourir. C'est pourquoi il vaut mieux laisser une moitié de la population mourir afin que l'autre puisse manger à sa faim." Il semble inutile de préciser dans quelle "moitié" se trouvaient Mao et les cadres du PCC.
Le second concerne l'omettra régnant sur les faits, encore aujourd'hui. Manuels, rapports, communiqués et livres taisent tous l'affaire, ou dissimulent la responsabilité du Parti. Par exemple, un livre paru en 2O11 intitulé L'Histoire du Parti consacre la phrase suivante à la "Grande famine" : "En 1960, la population du pays a diminué de 10 millions par rapport à l'année précédente." Ce livre compte tout de même 1074 pages…

Au lecteur de faire son opinion sur cet épineux sujet, en espérant lui avoir donné matière à réflexion. 

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